Covid-19 : premiers cas américains détectés chez le vison

La filière américaine avait pourtant intensifié ses mesures de biosécurité à l'annonce des premiers cas aux Pays-Bas.

© Georgys - Adobe

Michel JEANNEY

Épidémiologie

Deux élevages de visons ont été détectés positifs au SARS-CoV-2 pour la première fois aux Etats-Unis. La filière étasunienne est donc à son tour touchée après plusieurs élevages testés positifs aux Pays-Bas, puis au Danemark et en Espagne début juillet.

Après des cas positifs de Covid-19 chez des visons enregistrés dans plusieurs pays d'Europe, c'est au tour des États-Unis de faire état de deux foyers dans l'Utah où des visons ont été testés positifs au SARS-CoV-2, selon une déclaration du 17 août du ministère étatsunien chargé de l'agriculture (USDA), rapportée par ProMed-mail. Ce sont donc les premiers cas américains enregistrés dans cette espèce.

Des employés des deux fermes de l'Utah ont également été testés positifs pour le coronavirus, précise l'USDA.

Notre confrère Dean Taylor, vétérinaire de l'État de l'Utah, a déclaré que les agences étatiques et fédérales effectuaient des tests complémentaires afin de déterminer si les visons ont été infectés par des humains, ou vice-versa, et si les animaux d'autres élevages étaient atteints.

Poursuite de la propagation aux Pays-Bas

Les premiers cas positifs de Covid-19 ont été détectés chez le vison, en avril dernier, aux Pays-Bas qui a signalé plusieurs foyers en élevages (DV n° 1528), rappelle ProMed-mail. Depuis, des exploitations au Danemark (DV n° 1535) et, début juillet, en Espagne ont été touchées.

Les trois pays ont abattu plus d'un million d'animaux, selon l'Associated Press, mais la propagation s'est poursuivie. Au 17 août, on comptabilisait au moins 27 élevages néerlandais testés positifs.

Les visons sont proches des furets qui, en laboratoire, ont montré une grande sensibilité au virus (DV n° 1525), rappelle ProMed-mail.

Le site Internet de l'International Society for Infectious Diseases souligne qu'un faible nombre de cas liés au SARS-CoV-2 ont été confirmés, depuis l'émergence de la maladie, chez les espèces animales (comme chez le chat) à travers le monde, malgré l'ampleur de l'épidémie chez l'Homme. Selon les scientifiques et les agences de santé publique, les résultats scientifiques suggèrent que la plupart des animaux sont infectés par des humains et ne jouent aucun rôle significatif dans la propagation de la Covid-19 chez l'Homme (DV n° 1532 et n° 1537).

Faible risque pour l'Homme

Dean Taylor a d'ailleurs déclaré, le 17 août, que « le risque que les animaux propagent le SARS-CoV-2 aux humains est considéré comme faible » tout en précisant que la recherche, dans ce domaine, demeure « limitée ».

« Des chercheurs néerlandais ont cependant déclaré que l'analyse génétique suggérait fortement que des visons contaminés par les humains avaient transmis le virus à deux travailleurs agricoles dans les premiers rapports mondiaux de transmission d'animal à humain », relève toutefois ProMed-mail. Ces résultats ont incité les chercheurs en maladies infectieuses à demander une étude plus large sur les risques de transmission du virus entre les humains et les animaux (DV n° 1536).

Notre confrère Dean Taylor a précisé que les deux élevages touchés ont été mis en quarantaine mais qu'aucun abattage des animaux n'était, pour le moment, prévu.

Ces cas constituent une mauvaise nouvelle de plus pour la filière américaine du vison, qui a connu une baisse de sa production et de ses bénéfices ces dernières années en raison de la guerre commerciale que le président Trump livre à la Chine, le principal acheteur de vison américain.

La filière avait intensifié ses mesures de biosécurité à l'annonce des premiers cas aux Pays-Bas. De con côté, la France avait appelé les vétérinaires à la vigilance (DV n° 1528).

Article paru dans La Dépêche Vétérinaire n° 1537

Envoyer à un ami

Password lost

Reçevoir ses identifiants