Propagation de la Covid-19 : les animaux toujours hors de cause

Les essais d'infection expérimentale par le SARS-CoV-2 ont mis en évidence une sensibilité élevée chez le chat.

© Julia Gräber-Fotolia

Santé publique

L'Académie nationale de médecine et l'Académie vétérinaire de France ont fait le point, le 23 juillet, sur le risque représenté par les animaux contaminés par le SARS-CoV-2 et leur rôle dans la transmission de la maladie à l'Homme. En l'état actuel des connaissances scientifiques, ces derniers ne semblent toujours pas impliqués dans la propagation de la pandémie dans la population humaine.

L'Académie nationale de médecine et l'Académie vétérinaire de France, dans un communiqué commun du 23 juillet, actualisent leur position quant au risque potentiel représenté par les animaux contaminés par le SARS-CoV-2 pour l'Homme.

« Les connaissances sur les risques de contamination humaine par le SARS-CoV-2 à partir des animaux se sont enrichies de nouvelles données sur la sensibilité ou la résistance au virus parmi les différentes espèces animales, en conditions naturelles ou expérimentales. Bien que l'origine zoonotique de la Covid-19 soit bien établie (chauves-souris du genre Rhinolophus, hôtes intermédiaires possibles, dont le pangolin asiatique), un seul cas de contamination animal-Homme par le SARS-CoV-2 ayant été documenté avec des visons d'élevage aux Pays-Bas, rien ne prouve à l'heure actuelle que les animaux participent à la propagation de la pandémie dans la population humaine », constatent-elles.

En revanche, les académies soulignent la description d'une contamination de l'Homme vers l'animal par le SARS-CoV-2 à plusieurs reprises : depuis le premier cas du 26 février du chien contaminé par sa propriétaire à Hong-Kong, d'autres cas ont été rapportés dans la même ville (2 chiens et un chat), ainsi qu'en Belgique (un chat), aux États-Unis (5 tigres, 3 lions, 7 chiens, 5 chats), en France ( 2 chats), en Espagne (2 chats, une ferme de visons), en Allemagne (un chat), en Russie (un chat), aux Pays-Bas (25 fermes de visons) et au Danemark (3 fermes de visons), au 23 juillet.

A cela s'ajoute, selon une déclaration en août, vraisemblablement une contamination de l'Homme vers le vison également, aux États-Unis (DV n° 1537).

Enquêtes sérologiques

Plusieurs enquêtes sérologiques ont été menées dans des populations de chats et de chiens. « A l'exception du cas particulier des visons aux Pays-Bas, où la diffusion du virus par aérosols, favorisée par une forte densité animale à l'intérieur des bâtiments d'élevage, a contaminé rapidement la grande majorité des visons ainsi que deux employés, aucune de ces observations ne permet actuellement de conclure à une contagiosité animal-Homme ou animal-animal du SARS-CoV-2 » , soulignent les académies qui ajoutent qu' « il n'existe, par ailleurs, aucune donnée en faveur d'une transmission du virus à des animaux de la faune sauvage dans les conditions naturelles » .

« Les essais d'infection expérimentale par le SARS-CoV-2 réalisés en Chine, en Corée, en Allemagne et en France ont mis en évidence une sensibilité élevée chez le furet, les macaques cynomolgus et rhésus, le chat, le hamster doré syrien, beaucoup plus faible chez le chien et une résistance chez le porc, le poulet, le canard, le rat et la souris. Ces travaux ont aussi montré que les furets infectés présentaient des symptômes respiratoires et pouvaient infecter par contact d'autres furets. Ceci a été aussi observé avec le chat où les symptômes ne sont pas toujours observés » , poursuivent-elles.

Conserver les mesures de biosécurité

« Bien que ces infections animales ne jouent pas de rôle dans l'évolution de la pandémie de Covid-19 » , les académies continuent de recommander, dans le cadre d'une stratégie globale Une seule santé , plusieurs mesures préventives : mettre en oeuvre les mesures de biosécurité les plus strictes dans les élevages de visons encore indemnes afin d'éviter les contaminations humaines et tout risque de propagation ultérieure, voire la constitution d'un réservoir animal ; éviter tout contact entre les personnes infectées par le SARS-CoV-2, ou suspectes de l'être, avec leurs animaux de compagnie, notamment s'il s'agit de furet ou de chat, et d'observer les mêmes mesures barrière que pour prévenir la contamination de leur entourage (lavage des mains, masques...) ; ne pas appliquer aux animaux infectés par le SARS-CoV-2 des mesures contraires à leur bien-être ; poursuivre les travaux de recherche pour préciser les conditions de contamination des différents animaux de compagnie et pour identifier les risques de contagiosité pour l'Homme. M.L.

Article paru dans La Dépêche Vétérinaire n° 1537

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