Covid-19 : deux fermes néerlandaises d'élevage de vison contaminées

Des tests ont été réalisés sur les visons à la suite de l'apparition de troubles respiratoires avec une augmentation du taux de mortalité.

© Hozlik_Mozlik - Adobe

Jeanne BRUGÈRE-PICOUX

Membre de l'Académie vétérinaire de France et de l'Académie nationale de médecine

Épidémiologie

Le vison, dont l'élevage sera interdit aux Pays-Bas en 2024, s'ajoute à la liste des animaux contaminés par le SARS-CoV-2, une sensibilité qui rappelle celle du furet décrite dans plusieurs conditions expérimentales. Une transmission de l'Homme à l'animal est à nouveau suspectée, des employés de ces deux élevages ayant été testés positifs au SARS-CoV-2.

Le ministère de l'Agriculture néerlandais a annoncé, le 26 avril, que deux fermes comportant plus de 20 000 visons d'élevage avaient été contaminées, aux Pays-bas, par le virus du Covid-19.

Des tests ont été réalisés sur les visons à la suite de l'apparition de troubles respiratoires avec une augmentation du taux de mortalité mais aussi du fait d'une suspicion de Covid-19 chez plusieurs techniciens de ces fermes. 

Ces fermes sont situées dans le Brabant du Nord qui est au coeur de l'industrie néerlandaise du vison mais aussi l'épicentre de l'épidémie néerlandaise de Covid-19. 

Pour rappel, il existe encore près de 160 fermes d'élevage de visons malgré leur interdiction en 2013 car celle-ci n'entrera en application qu'en 2024, les Pays-Bas étant actuellement le 3 e producteur après la Chine et le Danemark. 

Zone d'interdiction

L'Institut de santé publique néerlandais a défini, par précaution, une zone d'interdiction pour les piétons et les cyclistes d'environ 400 mètres autour de chaque ferme. 

La ministre de l'Agriculture, Carola Schouten, a décrété que toute maladie suspecte devait être signalée aux autorités par les éleveurs de visons et les vétérinaires. 

Il n'est pas étonnant que le vison soit sensible au SARS-CoV-2 car le furet, qui lui est proche, est l'animal qui s'est révélé le plus sensible à ce virus dans plusieurs conditions expérimentales. 

On ne connaissait jusqu'alors qu'un seul coronavirus chez le vison, pouvant être incriminé dans des diarrhées, décrites chez les jeunes visons, en 1990, par Gorham, au Canada*.

L'étude de ce coronavirus, en 1992, par Have**, au Danemark, a montré, par des analyses sérologiques (immunofluorescence, Elisa, immunoblot ), que ce virus était proche des coronavirus porcins de la gastroentérite transmissible et de la diarrhée épidémique porcine, la recherche d'anticorps neutralisants étant négative.

« Il n'y a actuellement aucune donnée indiquant que les animaux, de compagnie ou de rente, jouent un rôle dans la transmission du Covid-19 » , précise la ministre.

* Gorham et al. Detection of coronavirus-like particles from mink with epizootic catarrhal gastroenteritis. Can J Vet Res. 1990 Jun; 54(3): 383-384.

** Have P et al.- Coronavirus Infection in Mink (Mustela Vison). Serological Evidence of Infection With a Coronavirus Related to Transmissible Gastroenteritis Virus and Porcine Epidemic Diarrhea Virus. Vet Microbiol, 1992 Apr;31(1):1-10. doi: 10.1016/0378-1135(92)90135-g.

Article paru dans La Dépêche Vétérinaire n° 1528

Envoyer à un ami

Password lost

Reçevoir ses identifiants