Hantavirus sur un bateau de croisière : l'OMS envisage une transmission interhumaine
Les hantavirus peuvent se propager des animaux aux humains, le plus souvent lorsque des personnes inhalent de la poussière ou des particules provenant de l'urine, des excréments ou de la salive de rongeurs infectés.
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Épidémiologie
Deux cas d'hantavirose ont été confirmés et cinq, suspectés chez les passagers d'un navire reliant l'Argentine au Cap Vert. Selon l'OMS*, il a pu se produire des contaminations interhumaines. L'hantavirus impliqué n'a pas encore été identifié. L'ECDC** est en contact avec les autorités nationales de santé publique et l'OMS pour évaluer les implications potentielles pour l'Europe car l'OMS cherche à retrouver les passagers d'un vol Sainte-Hélène-Johannesburg à bord duquel une croisiériste infectée par l'hantavirus a été évacuée avant de mourir.
Deux cas d'hantavirose ont été confirmés et cinq, suspectés à bord d'un navire de croisière immobilisé au large du Cap Vert, a indiqué, le 5 mai, l'OMS*, qui évoque une possible transmission interhumaine et enquête sur un risque de contamination à bord d'un avion. La durée d'incubation des hantaviroses varie d'une à six semaines. LOMS suppose que les passagers ont été « infectés en dehors du navire ». On compte trois décès, un patient dans un état critique et trois avec des symptômes légers.
« Il pourrait y avoir une transmission interhumaine parmi les personnes en contact très étroit », a déclaré Maria Van Kerkhove, directrice par intérim du département de prévention et préparation aux épidémies et pandémies de l'OMS.
Le navire reliait Ushuaïa (Argentine) au Cap Vert. Le premier cas suspecté concerne un Néerlandais qui, le 6 avril, « a présenté fièvre, maux de tête et diarrhée légère », explique l'OMS. Le 11 avril, son état s'est aggravé et il est décédé. Aucun test microbiologique n'a été effectué.
Risque faible pour la population mondiale
L'OMS cherche à retrouver les passagers d'un vol reliant Sainte-Hélène à Johannesburg, à bord duquel une croisiériste infectée par l'hantavirus a été évacuée avant de mourir. Les premiers patients avaient embarqué à Ushuaia le 1er avril.
« En 2025, dans les Amériques, huit pays ont signalé 229 cas d'hantaviroses et 59 décès (taux de létalité de 25,7 %. Dans la région européenne, 1 885 infections à hantavirus ont été signalées en 2023 », détaille l'OMS. En Asie de l'Est, la fièvre hémorragique à hantavirus avec syndrome rénal représente des milliers de cas chaque année.
Il n'y a pas de traitement spécifique contre le hantavirus hormis des soins de soutien. « En général, les personnes développent des symptômes respiratoires, c'est pourquoi l'assistance respiratoire est importante », explique le Dr Van Kerkhove.
L'OMS estime que le risque que cet événement représente pour la population mondiale est faible et continue de surveiller la situation épidémiologique. Elle déconseille l'application de toute restriction de voyages ou de commerce sur la base des informations disponibles concernant cet événement.
« À l'heure actuelle, le risque que cette épidémie fait courir à la population européenne est considéré comme très faible car des mesures appropriées de prévention et de lutte contre les infections sont mises en oeuvre à bord et les hantavirus ne se propagent pas facilement d'une personne à l'autre », indique l'ECDC**, le 5 mai.
Transmission interhumaine pour le virus des Andes
Ces virus peuvent se propager des animaux aux humains, le plus souvent lorsque des personnes inhalent de la poussière ou des particules provenant de l'urine, des excréments ou de la salive de rongeurs infectés. « Dans les Amériques, certains hantavirus peuvent causer le syndrome pulmonaire à hantavirus, caractérisé par de la fièvre et des symptômes généraux suivis d'une détresse et d'un choc respiratoires », précise l'ECDC.
La plupart des hantavirus ne se transmettent pas d'une personne à l'autre (lire DV n° 1203). L'exception est le virus des Andes, signalé principalement dans certaines parties d'Amérique du Sud. « On ne sait pas encore si la transmission dans l'épidémie actuelle s'est produite par exposition environnementale ou entre individus. L'hantavirus impliqué n'a pas encore été identifié », précise l'ECDC.
Plusieurs aspects de cette épidémie sont à l'étude, notamment la définition de l'espèce virale impliquée, l'origine de l'infection, l'ampleur de la propagation parmi les passagers et l'équipage et si la transmission entre les personnes s'est produite.
L'ECDC est en contact avec les autorités nationales de santé publique et l'OMS pour évaluer les informations épidémiologiques disponibles et les implications potentielles pour l'Europe. V.D.
* OMS : Organisation mondiale de la santé.
** ECDC : European Centre for Disease Prevention and Control.





