SNGTV : des avancées importantes en 2020 malgré le contexte sanitaire

Le ministre de l'Agriculture, Julien Denormandie, s'est adressé aux vétérinaires par le biais d'un message vidéo.

© D.R.

Maud LAFON

Bilan

La SNGTV* a dressé un bilan plutôt positif de son année 2020 lors d'une assemblée digitale tenue par visioconférence, le 1 er avril. Avancée sur des dossiers clés dont celui du médicament, rénovation de ses sites Internet, évolution de ses outils informatiques, réflexions sur les adaptations réglementaires dans la perspective du nouveau règlement sur le médicament vétérinaire et l'aliment médicamenteux : l'année a été chargée pour les vétérinaires exerçant en productions animales.

Après la diffusion d'un enregistrement vidéo dans lequel le ministre de l'Agriculture, Julien Denormandie, a remercié la profession vétérinaire et souligné son rôle essentiel dans la mise en oeuvre des politiques sanitaires, la secrétaire générale de la SNGTV*, Stéphanie Philizot, a présenté, à l'occasion de l'assemblée générale de l'association, le rapport d'activité d'une année 2020 particulière mais qui a, malgré tout, permis la mise en oeuvre de plusieurs actions et projets.

Après le rapport financier du trésorier Jean-François Labbé qui a souligné la rigueur de la gestion, notre confrère Christophe Brard, président de la SNGTV, a pris le relai et évoqué les grands dossiers qui mobiliseront l'association en 2021 dans son rapport d'orientation. « L'année 2021 est déjà riche en projets », a-t-il fait remarquer.

L'association fédère 2 007 adhérents, soit 643 structures d'exercice, et 1 073 GTV Juniors.

Rénovation informatique en profondeur

2020 a été une année chargée sur le plan informatique avec le début d'une rénovation en profondeur de son site Internet qui se fait par étapes et par univers. Un nouveau site dédié aux formations est en ligne depuis septembre et celui relatif au Bulletin des GTV a été ouvert en mars. Ils restent accessibles via le portail commun www.sngtv.org qui sera lui aussi entièrement repensé après la partie dédiée aux Journées nationales des GTV (JNGTV) cette année.

Ces sites thématiques offrent de nouvelles fonctionnalités : paiement en ligne, accès à des formations en vidéo, possibilité de visionner des conférences des JNGTV en replay , etc.

174 structures représentant 7 600 vétérinaires et 38 000 éleveurs sont abonnées à Vet'Elevage, un logiciel qui poursuit son développement en instaurant notamment de nouvelles passerelles.

Malgré la situation sanitaire, les JNGTV ont réussi le tour de force de se maintenir en présentiel deux jours en octobre. Le prochain congrès est prévu à Tours, du 20 au 22 octobre.

Le groupe Formations de la SNGTV propose un nouveau module d'accueil des jeunes praticiens sous forme de soirées d'accueil.

Autre nouveauté pour cette année, un parcours de formation sera créé et s'orientera sur des thématiques spécifiques. 

Succès des stages tutorés

Le président de la SNGTV a souligné le succès des stages tutorés auxquels participent 43 étudiants cette année tandis que plus de 70 autres ont manifesté leur intérêt pour la rentrée 2021.

« La formation des éleveurs par leur vétérinaire reste un autre objectif majeur », a ajouté notre confrère. 

La SNGTV est également force de proposition concernant la révision du décret sur la prescription hors examen clinique dans le but de « renforcer l'efficience des interventions vétérinaires en élevage » via une simplification et une sécurisation du dispositif. 

Les commissions techniques ont dû annuler leurs réunions annuelles mais ont poursuivi leurs travaux.

Plan EcoAntibio, mise à jour du Guide des bonnes pratiques du médicament vétérinaire , Repaas** avec la création d'un site Internet prévue dans l'année : le médicament vétérinaire a mobilisé la commission dédiée, y compris au niveau national, notre confrère Jacques Devos ayant intégré un groupe de l'Organisation mondiale de la santé animale sur la thématique de la résistance aux antiparasitaires. Un Guide des bonnes pratiques pour un usage raisonné des insecticides et acaricides est en attente de publication et sera accessible sur le serveur de la SNGTV.

La SNGTV s'est également associée aux travaux de l'Organisation mondiale de la santé qui visent à identifier les causes de pénurie et de manque de disponibilité des antibiotiques, en France, en médecines humaine et vétérinaire. Les conclusions sont attendues pour 2023.

Nouvelle loi de santé animale

De nombreux travaux ont par ailleurs été motivés, aux côtés d'autres organismes professionnels, par la loi européenne de santé animale qui s'applique à compter du 21 avril et la SNGTV s'est engagée dans la réflexion concernant les nécessaires adaptations réglementaires.

Autre thème transversal, la biosécurité fait l'objet de réflexions en vue de sa déclinaison dans les différentes filières. Un projet européen s'y rapportant, Netpoulsafe, lancé le 1 er octobre 2020, va durer trois ans et vise à améliorer la biosécurité en filière avicole en collectant, validant et partageant des méthodes d'accompagnement pour sa mise en oeuvre.

Le bien-être animal a également été au coeur de l'actualité en 2020. La SNGTV a participé à plusieurs travaux, notamment en élevage porcin (castration, caudectomie, étiquetage...), comme la rédaction de fiches techniques à destination des éleveurs et des vétérinaires sur la prise en charge de la douleur ou la gestion des animaux accidentés non transportables.

Elle est en contact avec le réseau CAPdouleur pour décliner ses recommandations aux bovins.

La commission Faune sauvage a créé trois Mooc (pour massive open online course, des formation en ligne ouverte à tous) et a contribué à l'élaboration d'un diplôme inter-écoles Faune sauvage et à son suivi.

Futures visites sanitaires

En ce qui concerne les missions d'habilitation et de mandatement des vétérinaires sanitaires, l'objectif est de les étendre au bien-être animal, à la biosécurité, à la sécurité sanitaire des aliments et à l'épidémiosurveillance.

La SNGTV pilotera l'élaboration des futures visites sanitaires dans les filières bovine, équine et porcine. Elle prend part aussi aux plans de lutte contre la tuberculose, l'IBR, la BVD, l'influenza aviaire, etc., l'objectif étant de « positionner le vétérinaire en tant qu'acteur majeur dans les plans de prévention et de lutte contre ces dangers sanitaires ».

Environnement, coopération internationale, communication : la SNGTV a poursuivi presque à l'identique toutes ses missions en 2020, en s'adaptant au contexte sanitaire.

« Ce bilan met en lumière l'ampleur des actions mises en oeuvre par la SNGTV. Votre expertise sur divers sujets est cruciale pour orienter les politiques publiques », a constaté Bruno Ferreira, directeur général de l'alimentation.

Asseoir l'ancrage territorial

Ce dernier a rappelé plusieurs axes de travail majeurs : renforcement des relations entre vétérinaires sanitaires et DDPP*** et avec les éleveurs ; formation continue des vétérinaires sanitaires avec l'ajout de nouveaux modules en fin d'année 2020 ; asseoir l'ancrage territorial des vétérinaires à travers les stages tutorés auxquels la Direction générale de l'alimentation a alloué 530 000 euros par an ; transition numérique de l'élevage à travers notamment l'expérimentation de télémédecine ; portail Calypso qui permettra aux vétérinaires sanitaires de remonter les informations du terrain et qui devrait être opérationnel d'ici 2023.

« Les visites sanitaires devront être un outil de surveillance des maladies réglementées en plus de leur vocation pédagogique », a-t-il expliqué.

« L'avenir du vétérinaire en productions animales est entre nos mains », a conclu Christophe Brard.

* SNGTV : Société nationale des groupements techniques vétérinaires.

** Repaas : Réseau de phyto-aromathérapie de l'Afvac, Avef, SNGTV.

*** DDPP : Direction départementale de la protection des populations.

Article paru dans La Dépêche Vétérinaire n° 1569

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