Premiers cas de peste porcine africaine en Espagne depuis 1994
Localisation des cas de peste porcine africaine en Espagne au 28 novembre (points rouges).
© Plateforme ESA
Epidémiologie
Neuf cas de peste porcine africaine ont été détectés en Espagne en Catalogne pour la première fois depuis 1994 (situation au 2 décembre). La présence du virus a été confirmée par le Laboratoire central vétérinaire d'Algete (Madrid).
Les services vétérinaires espagnols ont confirmé, le 28 novembre, dans un premier temps, deux cas de peste porcine africaine (PPA) détectés chez deux sangliers retrouvés morts, le 26 novembre, à Bellaterra (Barcelone), en Catalogne.
Les deux carcasses de sangliers sauvages étaient distantes d'environ un kilomètre, et situées à proximité du campus de l'Université autonome de Barcelone, soit à 94 km de la frontière française (voir carte).
Origine de l'infection inconnue
La Plateforme Epidémiosurveillance en santé animale (ESA) rappelle qu'entre 1960 et 1994, l'Espagne avait lutté contre la PPA (génotype 1). « Il s'agit donc de la première détection du virus en Espagne depuis 1994. A ce stade, nous n'avons pas d'information sur le génotype de la PPA ni sur l'origine de cette infection. Une enquête épidémiologique est en cours », précise la plate-forme.
Celle-ci indique que « toutes les mesures de gestion ont été mises en place comprenant la délimitation de la zone infectée, la recherche active et l'élimination sous contrôle officiel des carcasses de sangliers, l'interdiction de la chasse dans la zone afin d'empêcher le déplacement des sangliers vers la zone indemne, la restriction des activités de nature non essentielles, le renforcement de la surveillance évènementielle et des mesures de biosécurité dans les élevages porcins, ainsi que des visites officielles dans ces établissements ».
Limiter l'impact écononomique
Le ministre espagnol de l'Agriculture Luis Planas a ensuite indiqué, le 2 décembre, que sept autres sangliers étaient morts de la peste porcine africaine (PPA) près de Barcelone, dans la même commune, Cerdanyola del Vallès, à proximité de l'endroit où les deux premiers cas avaient été révélés la semaine précédente. Le total est donc de neuf.
La présence du virus a été confirmée par le Laboratoire central vétérinaire d'Algete (Madrid). Pour l'heure, les élevages porcins de la zone réglementée d'un rayon de 20 km autour de la zone infectée sont tous exempts de virus.
Le 1er décembre, l'Etat espagnol et la région catalane ont déployé 120 agents ruraux ainsi qu'une centaine de soldats de l'Unité militaire d'urgence espagnole, épaulés par des drones, pour « effectuer des travaux de désinfection, de prospection, de recherche et de retrait des animaux ». Et une équipe vétérinaire d'urgence de la Commission européenne, composée d'experts épidémiologistes, est arrivée sur place le 2 décembre pour « évaluer les mesures mises en place sur le terrain et émettre des recommandations afin de renforcer les actions permettant de contrôler la maladie le plus rapidement possible », a ajouté le ministère.
Après la découverte des cas de PPA en Catalogne, le ministre espagnol a affirmé, le 29 novembre, que le gouvernement souhaitait limiter « au maximum » l'impact économique, face à la fermeture immédiate d'« un tiers » des marchés, comme le Mexique. « Nous devons concentrer tous nos efforts pour tenter d'éradiquer, d'éliminer tous les cas possibles et d'empêcher la propagation du virus », a poursuivi Luis Planas.
La maladie aussi présente en Allemagne et en Italie
Dans un communiqué du 12 novembre, le ministère avait annoncé la conclusion avec la Chine d'un protocole d'accord de régionalisation au regard de la PPA, qui devait permettre l'exportation de viandes de porc issues des zones libres de cette maladie si elle survenait. Première destination du porc espagnol, la Chine a importé, en 2024, 540 000 tonnes de viandes d'Espagne pour plus de 1,097 million d'euros.
Au 25 novembre, depuis le début de l'année, 880 foyers domestiques et 9 315 cas sauvages ont été détectés en Europe. Outre l'Espagne, les pays touchés proches de l'Hexagone sont l'Allemagne (1 879 cas sauvages) et l'Italie continentale (1 foyer domestique et 565 cas sauvages), selon la Plateforme ESA. M.J.





