Lupus érythémateux nasal (ex-discoïde) : la dermatite auto-immune la plus fréquente chez le chien
On observe un érythème et des croûtes parfois avec hyperkératose, fissurations, dépigmentation et hémorragies.
© Emmanuel Bensignor
Emmanuel BENSIGNOR
Spécialiste en dermatologie
Consultant à Paris 3e, Rennes-Cesson et CHV Atlantia (Nantes)

Dermatologie
Sous le terme « lupus érythémateux nasal » sont regroupées des manifestations cliniques à type d'érythème, d'érosions et de dépigmentation très nettement photosensibles au niveau de la truffe. De nombreuses zones d'ombre persistent quant à la nature de cette affection.
Il s'agit de la dermatite auto-immune la plus fréquente dans l'espèce canine, représentant jusqu'à 0,26 % des cas de dermatologie.
Les jeunes adultes sont préférentiellement touchés. Les colley, berger allemand, husky, épagneul breton et pointer seraient prédisposés.
On observe un érythème et des croûtes parfois avec hyperkératose, fissurations, dépigmentation et hémorragies.
Le diagnostic différentiel est vaste et inclut surtout la pyodermite cutanéo-muqueuse, la leishmaniose, les pemphigus, la dermatomyosite et le syndrome uvéo-cutané.
Éviction solaire et dermocorticoïdes
L'examen histopathologique permet théoriquement de confirmer le diagnostic bien que cet examen ne permette pas toujours de différencier le lupus nasal d'une pyodermite cutanéo-muqueuse. En cas de doute, une épreuve thérapeutique à l'aide d'antibiotiques peut être envisagée.
La dermatose est habituellement contrôlée avec une éviction solaire associée à l'application de dermocorticoïdes.
Il faut s'adapter à la gravité des symptômes et toujours privilégier le traitement topique, en utilisant initialement des dermocorticoïdes puissants.
Après que les lésions sont améliorées, la classe thérapeutique du dermocorticoïde peut être diminuée et/ou les applications peuvent être espacées.
La corticothérapie générale n'est indiquée qu'en cas d'atteinte ulcéreuse sévère ou de mauvaise réponse aux traitements topiques. L'association de nicotinamide et de tétracyclines (500 mg de chaque produit trois fois par jour pour les chiens de plus de 20 kg, 250 mg de chaque produit trois fois par jour pour les chiens de moins de 20 kg) serait efficace dans deux cas sur trois et dénuée d'effets secondaires.
La vitamine E (200 à 400 UI/j) et les acides gras essentiels ont également été préconisés pour leurs effets antioxydants. Leur indication réside surtout dans les cas peu évolués, avant d'envisager le recours à des traitements plus agressifs.
La ciclosporine et les inhibiteurs de JAK ont également été utilisés avec succès dans des cas isolés. ■






