L'efficacité des antiparasitaires au coeur de la Journée de la sécurité des médicaments vétérinaires de l'EMA

Un manque d'efficacité peut être dû à une résistance des parasites ou à d'autres facteurs, comme une utilisation incorrecte du médicament (non respect de la dose ou de la durée de traitement notamment) ou un environnement très contaminé.

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Communication

La deuxième Journée de la sécurité des médicaments vétérinaires, le 8 avril, a permis à l'Agence européenne des médicaments de sensibiliser à l'importance des bonnes pratiques d'utilisation des médicaments antiparasitaires chez les animaux. Il s'agit d'informer sur la résistance antiparasitaire et de rappeler l'importance et les modalités des déclarations de pharmacovigilance en cas d'échec de traitement.

Pour sa deuxième Journée de la sécurité des médicaments vétérinaires, le 8 avril, l'Agence européenne des médicaments a sensibilisé à l'importance des bonnes pratiques d'utilisation des médicaments antiparasitaires chez l'animal pour en préserver l'efficacité. « Les antiparasitaires sont essentiels pour traiter les parasites des animaux. Comme pour les bactéries avec les antibiotiques, l'apparition de parasites résistants aux traitements est possible. Les utilisations répétées, prolongées ou inappropriées de ces médicaments augmentent le risque de résistance. Un usage raisonné des antiparasitaires et une surveillance de leur efficacité sont indispensables pour protéger la santé animale, la santé publique et de l'environnement », rappelle l'Anses*.

Un manque d'efficacité est une situation dans laquelle un médicament vétérinaire ne produit pas l'effet thérapeutique souhaité. Les antiparasitaires, médicaments vétérinaires contenant des substances qui repoussent, tuent ou interrompent le développement des parasites (vers, puces, tiques, acariens...) après administration aux animaux, sont utilisés pour traiter ou prévenir les infestations et les maladies causées ou transmises par des parasites.

Un manque d'efficacité peut être dû à une résistance des parasites ou à d'autres facteurs : utilisation incorrecte du médicament (non respect de la dose ou de la durée de traitement notamment) ou environnement très contaminé.

La résistance aux antiparasitaires est la situation dans laquelle les parasites sont moins sensibles à une substance antiparasitaire même à la dose recommandée.

Signaler les manques d'efficacité

« C'est un caractère héréditaire résultant de la sélection : les quelques parasites porteurs de gènes de résistance peuvent survivre au traitement et constituer progressivement une population résistante », précise l'Anses. L'utilisation répétée et prolongée de ces produits, surtout lorsqu'il s'agit de substances de la même classe (partageant un même mécanisme d'action), et le sous-dosage augmentent le risque d'apparition de résistances.

Les principaux signes qui doivent faire suspecter un manque d'efficacité de traitement antiparasitaire sont une persistance des parasites sur l'animal après traitement, une réduction insuffisante du nombre d'oeufs de parasites dans les selles après traitement, une absence ou une faible amélioration malgré le traitement lorsque l'animal présente des symptômes liés aux parasites, une perte de poids ou un retard de croissance pour les jeunes animaux et une augmentation de la mortalité au sein du troupeau pour les animaux d'élevage.

L'inefficacité des produits antiparasitaires peut entraîner des échecs thérapeutiques et des risques sanitaires pour les animaux et les humains. Le signalement des manques d'efficacité permet aux autorités compétentes de détecter les problèmes potentiels d'efficacité des produits antiparasitaires, notamment l'apparition de résistances, et de prendre les mesures appropriées. En déclarant les manques d'efficacité, propriétaires et vétérinaires contribuent à améliorer les connaissances et à une utilisation sûre et efficace des produits antiparasitaires.

Les cas de manque d'efficacité peuvent être déclarés sur le portail de télédéclaration en ligne de l'Anses-Agence nationale du médicament vétérinaire, par téléphone en appelant le Centre de pharmacovigilance vétérinaire de Lyon (04.78.87.10.40) ou en contactant le laboratoire responsable de la mise sur le marché du médicament concerné (coordonnées sur la notice du produit).

Toute personne peut effectuer un signalement mais il est préférable de passer par son vétérinaire, qui peut aider à étayer la déclaration et si besoin adapter le traitement de l'animal. Il n'est pas nécessaire de prouver l'inefficacité du produit antiparasitaire pour soumettre une déclaration de pharmacovigilance. V.D.

Encore plus d'infos !

Journée de la sécurité des médicaments vétérinaires de l'Agence européenne des médicaments : https://urlr.me/Zz9PRw

* Anses : Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail.


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