École vétérinaire privée : la commission mixte paritaire adopte la mesure décriée par la profession

Pour les représentants vétérinaires, cette mesure non seulement n'est pas adaptée à l'objectif poursuivi mais fait prendre à la profession des risques importants, notamment l'instauration d'une formation à deux vitesses.

© Rymden - Adobe

Enseignement

L'article 22 bis autorisant l'ouverture d'établissements d'enseignement supérieur privés en vue d'assurer une formation préparant au diplôme d'État de docteur vétérinaire, pourvus qu'ils soient agréés par le ministre de l'Agriculture, a été finalement adopté, le 9 novembre, par la commission mixte paritaire chargée d'examiner la projet de loi de programmation de la recherche pour les années 2021 à 2030.

Cette adoption rapide ne tient pas compte de l'extrême réticence de la profession à l'égard de cette mesure. Cette dernière doit encore être adoptée par l'Assemblée nationale et le Sénat pour être définitive.

Mesure inadaptée

Ce projet d'ouverture d'écoles vétérinaires privées (assorti du dossier déposé par l'institut UniLaSalle auprès du ministère de l'Agriculture) rencontre une franche hostilité dans une bonne partie de la profession vétérinaire, y compris chez les étudiants vétérinaires qui avaient écrit aux parlementaires de la commission avant le vote du 9 novembre (lire ici), à l'instar de la Fédération des syndicats vétérinaires de France (FSVF, lire ici)).

Ainsi, pour le président de la FSVF, ce projet d'amendement ne lui semblait pas, en l'état, acceptable et demandait à ce que les vétérinaires « soient associés à un travail approfondi pour apporter des réponses appropriées à un défi majeur : permettre le maintien d'un maillage vétérinaire sur l'ensemble du territoire, tout en assurant une formation d'excellence capable de répondre aux enjeux de demain ».

Des risques inutiles

La principale justification avancée par les promoteurs de cet amendement, la sénatrice Sophie Primas en tête (par ailleurs, administratrice de l'école privée UniLaSalle qui a présenté le projet d'école vétérinaire privée), était en effet la lutte contre la désertification vétérinaire dans les territoires ruraux. Pour les représentants vétérinaires, cette mesure non seulement n'est pas adaptée à cet objectif mais fait prendre à la profession des risques importants, notamment l'instauration d'une formation à deux vitesses. M.J.

Article paru dans La Dépêche Vétérinaire n° 1549

Envoyer à un ami

Password lost

Reçevoir ses identifiants