DNC : l'abattage sélectif seul n'empêcherait pas la persistance de la maladie dans les troupeaux bovins
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En 2025, la première épizootie de dermatose nodulaire contagieuse (DNC) a été détectée en France, 117 foyers ayant été déclarés à la fin de l'année. La propagation rapide a conduit à la mise en oeuvre de mesures strictes de contrôle, incluant l'abattage sanitaire total (dépopulation) des troupeaux infectés. Plus de 3 500 bovins ont été abattus durant l'épizootie mais cette mesure a été de plus en plus contestée, ce qui a donné lieu à un débat de santé publique vétérinaire. Cet article* rapporte les résultats issus d'un modèle mathématique tenant compte des populations de bovins et de vecteurs, qui a permis de comparer la dynamique de transmission au sein des troupeaux lorsqu'une stratégie d'abattage sélectif ou total est appliquée et en fonction de différents scénarios de contrôle des vecteurs. Les stratégies d'abattage sélectif sont modélisées selon une approche biquotidienne de dépistage/abattage, mise en oeuvre suite à la détection du premier cas clinique dans un troupeau non vacciné, avec des tests diagnostiques permettant de détecter l'infection chez les bovins asymptomatiques. Différentes hypothèses de sensibilité du test et de délai entre l'infection et la possibilité de la détecter ont été appliquées. D'après ce modèle, la stratégie d'abattage sélectif ne suffit pas à contrôler la propagation de la maladie s'il n'y a pas de contrôle associé de la population de vecteurs : au final, l'ensemble du troupeau est infecté. Avec les scénarios les plus favorables (test très sensible, réalisé au moment opportun, et réduction de 80 % de la population de vecteurs), 75 % du troupeau auront été infectés à terme (IC95 % : 26 100). Avec une hypothèse plus réaliste (sensibilité du test de 30 % pour la détection des sujets asymptomatiques dans les 2 à 3 jours précédant le début de la période d'infectiosité), le modèle prédit que 94 % du troupeau (IC95 % : 44 à 100) auront été infectés à terme. Les auteurs estiment que l'intérêt de cette approche est donc limité par rapport à une stratégie de dépopulation. ■
* Delecroix C. et coll. Vet Res. Août 2026.





