Charge mentale liée aux animaux de compagnie : le rôle central du vétérinaire

Une étude a exploré le volet émotionnel de la possession d'un chien ou d'un chat.

© Maryviolet-Adobe

Maud LAFON

Société

Vecteurs indéniables de bénéfices, les chiens et les chats, parfois humanisés par leurs propriétaires, sont aussi paradoxalement devenus sources d'inquiétudes et même d'une véritable charge mentale. Une étude récente conduite par Hill's le confirme. Si les problèmes de santé de l'animal constituent la crainte principale, un suivi vétérinaire sérieux est aussi le premier levier de réassurance pour les propriétaires.

Pet parent, le terme est à la mode et s'est parfois substitué aux traditionnels « maîtres » ou même « propriétaires » connotés négativement à l'heure où 62 % des Français considèrent leur chien ou leur chat comme un membre de la famille, voire même 20 % comme leur propre enfant (proportion qui grimpe à 32 % chez les 18-34 ans). Ces chiffres émanent d'une enquête sur le sujet menée par Toluna-Harris Interactiv pour le compte de Hill's auprès de 1 031 propriétaires de chiens ou de chats cet été. Ses résultats ont été dévoilés le 10 septembre.

La particularité de cette nouvelle étude était d'explorer l'aspect « charge mentale » lié à la détention d'un animal de compagnie, jusqu'à présent sous-estimé et inhérent à l'évolution du statut social de l'animal.

L'étude a donc exploré le volet émotionnel de la possession d'un chien ou d'un chat et confirmé cette considération croissante dont ils font l'objet. 81 % des répondants indiquent s'adresser à eux en empruntant des expressions liées à la parentalité, 53 % montrent des photos de leur animal sans qu'on le leur ait demandé, 20 % vont même jusqu'à refuser une invitation par culpabilité de le laisser seul à la maison. 66 % des répondants (et même 72 % des propriétaires de chats) affirment par ailleurs laisser leur animal dormir dans leur lit. Quant à l'accès au canapé ou aux fauteuils, il est acquis pour 84 % des propriétaires.

Plus d'attentions accordées au bien-être animal

Plus globalement, 50 % des personnes interrogées disent faire plus attention au bien-être de leurs animaux qu'auparavant.

Ce glissement statutaire s'accompagne de l'émergence de la notion de charge mentale imputée à l'animal, même si 57 % des sondés indiquent que le niveau d'inquiétude quotidien ressenti par rapport à lui reste un sujet modéré. Il est cependant très élevé pour 25 % des propriétaires, a fortiori s'il s'agit de femmes.

Sujet d'inquiétude numéro 1, la santé physique et les problèmes vétérinaires occupent les pensées de 48 % des personnes interrogées devant le niveau de bonheur de l'animal (39 %) et les questions sur son régime alimentaire (33 %).

Le suivi de la santé et des rendez-vous vétérinaires arrive également en deuxième position des sources de charge mentale derrière l'organisation des absences quand elles sont longues (figure n° 1). L'hygiène de l'animal et de son environnement suit en troisième position.

Le suivi vétérinaire quand il est sérieux représente à l'inverse le premier levier de réassurance pour 86 % des propriétaires devant la distribution d'une alimentation recommandée par ce professionnel (figure n° 2).

Pas encore au stade du burn out

Malgré tout, on reste encore assez loin d'une charge mentale qui pourrait conduire à un burn out, 75 % des pet parents déclarant ne jamais se sentir épuisés par les responsabilités liées à leur animal. Ils sont tout de même 18 % à indiquer que cela leur arrive parfois et 6 %, souvent, la proportion totale de « oui » grimpant à 37 % chez les 18-34 ans.

Ces sujets de charge mentale ne sont pas non plus encore de nature à infléchir la balance bénéfices/contraintes dans le fait d'avoir un animal de compagnie puisque sur 10 sujets possibles de compromis proposés aux personnes interrogés, seuls 1,8 ont été cochés (figure n° 2). En premier lieu arrive le choix des vacances qui peut impliquer des ajustements pour 30 % des propriétaires. Le budget n'arrive qu'en quatrième position (23 % peuvent faire des sacrifices sur ce plan).

Les aspects positifs de l'animal restent donc largement majoritaires. 54 % des répondants trouvent qu'il donne un sens à leur vie et 46 % qu'il est leur meilleur thérapeute (figure n° 3).

Au final, le bilan est positif pour 54 % des propriétaires qui trouvent qu'un animal leur apporte infiniment plus que ce qu'il leur coûte, dans tous les sens du terme, au quotidien. Pour 40 % d'entre eux, il est équilibré, le bonheur compensant les contraintes générées. Le bilan n'est mitigé que pour 4 % des répondants et déficitaire pour 1 %.

Invitée à débattre de ces résultats après leur présentation, notre consoeur Laetitia Barlerin, journaliste et autrice, a confirmé la transformation de l'animal de compagnie en compagnon de vie et le fait que les possesseurs deviennent plus « tuteurs » que « maîtres » avec le niveau de responsabilité qui va avec.

Figure n° 1 : Pour chacun des aspects suivants de la vie de votre(vos) animal(aux), diriez-vous qu'il représente pour vous une charge mentale : complexité d'organisation, pression induite... ?
Figure n° 2 : Dans quelle mesure êtes-vous d'accord avec les affirmations suivantes ?
Figure n° 3 : Dans quels domaines de votre vie avez-vous déjà adapté vos habitudes en raison de votre/vos animal(aux) de compagnie ?
Figure n° 4 : Pouvez-vous nous indiquer si vous êtes d'accord ou non avec les affirmations suivantes ?
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