Bovins : le nouvel orthobunyavirus désormais présent dans 13 départements français

Véhiculé par les moucherons piqueurs Culicoïdes, le nouvel orthobunyavirus est aussi présent en Suisse et en Allemagne.

© Ingrid Jardinier-Fotolia.com

Épidémiologie

D'abord présent dans l'Est de la France, le nouvel orthobunyavirus affectant les bovins a désormais été détecté dans 13 départements, indique la Plateforme Épidémiosurveillance en santé animale (ESA) dans son bulletin hebdomadaire du 18 août.

Ce virus identifié fin juillet est désormais présent dans le Massif central (Cantal, Haute-Loire, Puy-de-Dôme), en Alsace (Bas-Rhin, Haut-Rhin), en Bourgogne-Franche-Comté (Côte-d'Or, Doubs, Jura) et dans les Alpes (Ain, Savoie, Haute-Savoie), ainsi que dans le Calvados et les Ardennes.

Des cas tous symptomatiques

Ces cas ont « tous » été détectés sur des animaux « présentant des symptômes » (diarrhée, fièvre, baisse de la production laitière).

« Cette émergence s'accompagne d'un impact clinique faible mais celui-ci pourrait être plus significatif dans les prochains mois pour les vaches infectées en cours de gestation, voire pour les petits ruminants. Cette maladie n'est actuellement pas réglementée aux niveaux français, européen et international », précise la plate-forme.

Des analyses sont toujours en cours afin de déterminer si ce virus est à l'origine de ces symptômes. C'est l'école vétérinaire de Toulouse (ENVT) qui a confirmé les foyers, à la suite du développement, « en urgence », d'une méthode de détection par PCR.

Véhiculé par les moucherons piqueurs Culicoïdes, le nouvel orthobunyavirus (Shamonda) est aussi présent en Suisse et en Allemagne. « Des investigations sont en cours » aux Pays-Bas, en attente de confirmation, selon la Plateforme ESA.

Sur son site internet, le ministère de l'Agriculture indique que « la situation est évolutive ».

Prélever tôt face aux symptômes

Rappelons que les analyses génétiques de ce virus détecté en France en 2026 montrent qu'il est apparenté au virus de Schmallenberg mais qu'il ne s'agit pas de ce virus. Elles le rapprochent davantage du virus Shamonda, identifié pour la première fois chez des bovins au Nigeria dans les années 1960, puis retrouvé en Asie et en Afrique.

Le virus français est cependant suffisamment différent des souches connues pour être considéré, à ce stade, comme une lignée Shamonda-like nouvelle ou très peu documentée.

« En pratique, devant un épisode associant fièvre brève, diarrhée, abattement et chute de lait, il est essentiel de prélever tôt, idéalement pendant la phase fébrile et de privilégier les prélèvements sanguins. Une PCR Schmallenberg négative ne permet pas d'exclure un autre virus du groupe Simbu », explique notre confrère Pierre Bessière (ENVT). M.J.


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