Activité « canine » en 2025 : signes de fragilité dans un secteur pourtant réputé pour sa résilience
En 2025, la France compte toujours environ 16,6 millions de chats et 9,9 millions de chiens.
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Charles BOSQUET
Head of AH France Subscription
Kynetec
Courriel : charles.bosquet@kynetec.com
Exercice
Baisse de fréquentation, recul des dépenses pour les chiens et très légère progression de celles pour les chats : l'activité vétérinaire liée aux chiens et aux chats dans les structures vétérinaires en 2025 a montré, contrairement aux années précédentes, de réels signes de fragilité. Ce bilan est issu des données annuelles de Kynetec, auteur du baromètre de l'activité canine publié chaque mois dans La Dépêche Vétérinaire.
Selon l'Insee, l'inflation en 2025 a ralenti pour s'établir à 0,8 % sur un an (à fin décembre 2025). Ce ralentissement s'explique principalement par : une baisse marquée des prix de l'énergie (- 6,8 % sur un an), une hausse modérée des prix de l'alimentation (+ 1,7 %), une légère baisse des prix des produits manufacturés (- 0,4 %) et une hausse des prix des services (+ 2,1 %).
En parallèle, la croissance économique en France reste modérée. Le PIB a progressé de 0,2 % au quatrième trimestre 2025, après une hausse de 0,5 % au troisième trimestre. Sur l'ensemble de l'année 2025, la croissance s'établit à + 0,9 %, en léger repli par rapport à 2024 (+ 1,2 %). Les prévisions pour 2026 tablent sur une croissance d'environ 1 %.
Concernant l'emploi, le taux de chômage au sens du Bureau international du travail s'élève à 7,7 % au troisième trimestre 2025, en légère hausse par rapport au trimestre précédent.
L'Insee anticipe une nouvelle dégradation du marché du travail, avec un taux de chômage attendu à 7,8 % mi-2026, notamment en raison du repli de l'alternance et de la baisse des aides à l'embauche des apprentis.
Contexte économique morose
Dans ce contexte économique morose, le secteur de la médecine vétérinaire canine, pourtant réputé pour sa résilience, montre des signes de fragilité, avec un recul tant du volume des dépenses que de la fréquentation.
En 2025, la France compte toujours environ 16,6 millions de chats et 9,9 millions de chiens (sources : Facco/Kantar et I-Cad). 55 % des Français possèdent un chien et/ou un chat, 30 % un chien et 39 % un chat.
L'année 2023 avait été marquée par une baisse des identifications, une tendance déjà observée en 2022. Le mois de décembre 2023 avait montré un recul des identifications des carnivores domestiques de - 4,8 % en comparaison avec décembre 2022 (source : I-Cad). Les chiffres de l'année 2024 indiquent de nouveau une baisse de l'identification des carnivores domestiques de 6 % (source : I-Cad).
Cette tendance à la baisse peut s'expliquer en outre par les contraintes liées aux départs en week-end et en vacances, qui demeurent les obstacles principaux à l'adoption/l'achat d'un chien ou d'un chat. Mais aussi par l'évolution des coûts annuels de possession d'un animal de compagnie, que ce soit, les frais d'alimentation, de soins et de l'ensemble des accessoires de bien-être et de divertissement.
Toujours des difficultés de recrutement, notamment en zones rurales
Quant à la médicalisation des animaux de compagnie, déterminant d'activité indéniablement liée à la place de l'animal dans le foyer, Kynetec dispose depuis 2022, une nouvelle offre servicielle baptisée Industry Overview qui lui permet de comprendre la dynamique de fréquentation et la volumétrie des dépenses dans les structures vétérinaires*.
Industry Overview a permis de détecter des signaux forts en 2025 : une dynamique de fréquentation à la baisse dans les structures vétérinaires (versus janvier-décembre 2024) avec - 2,3 % pour les chiens et - 1,4 % pour les chats, s'accompagnant, pour la première fois depuis ces dernières années, d'une baisse des dépenses pour les chiens (- 2,1 %) et d'une légère progression pour les chats avec + 0,8 % (figures n° 1, 2, 3 et 4).
Cette baisse de fréquentation s'inscrit toujours dans un contexte de tension de recrutement dans le secteur vétérinaire. Si les vétérinaires ne figurent plus parmi les métiers en tension depuis 2024 (figure n° 5), pour autant, il existe des difficultés de recrutement notamment dans les zones rurales où les établissements de soins pour animaux peinent à embaucher des professionnels qualifiés (source : France Travail 2024 & 2025).
Voilà pour les tendances générales. Qu'en est-il des évolutions par classe thérapeutique (figure n° 6) ?
Petfood : dynamisme du click & collect
En 2025, on constate que le petfood Chat et le petfood Chien régressent sur un rythme différent en ventes dans les cliniques (brick & mortar, c'est-à-dire les ventes au comptoir). En cumul annuel fixe (de janvier à décembre 2025), le petfood pour le chat régresse moins vite (- 4 %) que celui pour le chien (- 8 %).
Cette tendance s'explique par un transfert des ventes vers le canal click & collect (c'est-à-dire les ventes en ligne) depuis 2017 et qui s'est accentué ces dernières années pour plusieurs raisons :
- offre technologique déployée par un grand nombre d'acteurs,
- nécessité des structures vétérinaires de répondre aux attentes et usages des clients,
- et enfin, cette année encore, le contexte économique qui a générée des hausses de tarifs et donc un repli vers le click & collect des clients au vu de la politique prix de ce canal de vente.
Ainsi, on observe une dynamique des ventes sur le canal click & collect positive tous les mois de l'année 2025 en comparaison à l'année 2024 (figure n° 7). Néanmoins une certaine maturité de ce canal de vente semble s'installer car les ventes sont moins dynamiques depuis juillet 2024.
Antiparasitaires : nombre de patients en baisse mais facture moyenne en hausse
Dans le domaine de la médecine préventive (antiparasitaires externes + antiparasitaires internes + endectocides), en cumul fixe (de janvier à décembre 2025), on observe une faible progression de chiffre d'affaires sur les gammes antiparasitaires externes (+ 1 %) et un recul concernant les antiparasitaires internes (- 2 %).
Le chiffre d'affaires des endectocides progresse (+ 6 %) chez les deux espèces Chien et Chat sur cette même période. A noter que les ventes d'endectocides Chat continuent de dynamiser ce marché avec une évolution en cumul fixe de 6 %.
Ceci s'explique par les innovations qui sont proposées sur le segment des endectocides et nous avions projeté que, par effet de cannibalisation entre marques, ce marché serait supérieur en volume de ventes à celui des vermifuges courant 2025. Ceci s'est confirmé !
A noter que le nombre de patients baisse pour les chiens et les chats (logique au regard de la baisse de fréquentation observée) mais que la facture moyenne par patient augmente pour les deux espèces sur le segment des antiparasitaires (antiparasitaires externes + antiparasitaires internes + endectocides) (figure n° 8).
Gestion de la douleur : plus forte progression chez les chats
Dans le domaine de la gestion de la douleur des animaux de compagnie, on observe, en cumul fixe pour 2025 (de janvier à décembre 2025), une hausse de 5 % du chiffre d'affaires des AINS. Ce même marché gagne également 5 % en intégrant les ventes des anticorps monoclonaux.
La plus forte progression s'observe chez l'espèce féline avec un cumul fixe à + 7 % en intégrant les ventes des anticorps monoclonaux.
La conjonction d'éléments favorables dans la gestion de la douleur des chats explique ce score :
- un allongement de la durée de vie des chats grâce à une meilleur médicalisation des maladies chroniques,
- une augmentation de la médicalisation des chats liée à l'évolution de leur place dans les foyers ,
- et enfin, le lancement d'innovations thérapeutiques pour la prise en charge de la douleur.
En conclusion, les innovations thérapeutiques dynamisent les ventes et les prescriptions du canal brick & mortar sur des segments de marché porteurs (antiparasitaires et douleur/mobilité).
La politique prix du click & collect génère du trafic et une hausse de chiffre d'affaires mais semble entrer dans une phase de maturité. ■
* Pour connaître le détail de la granularité des données disponibles dans le cadre de l'offre Industry Overview, contacter Charles Bosquet (charles.bosquet@kynetec.com).
Gros Plan : A propos de Pet Trak et Industry Overview
Les chiffres de cette rétrospective 2025 sont issus du panel de cliniques vétérinaires Pet Trak.
Pet Trak de Kynetec est aujourd'hui la source de données sell out la plus robuste sur l'activité canine des cliniques vétérinaires françaises et permet à ses clients de piloter leurs gammes dans toutes les aires thérapeutiques vétérinaires. ■
Charles Bosquet, Head of AH France Subscription, Kynetec, courriel : charles.bosquet@kynetec.com
Gros Plan : A propos de Kynetec
Kynetec est l'institut d'études leader mondial spécialisé en santé animale et en agriculture.
Il délivre des informations et des prévisions de qualité pour permettre à ses clients de prendre leurs décisions.
Kynetec collabore avec des intervenants des secteurs de la santé animale et de l'agriculture, notamment les agriculteurs et les éleveurs, les conseillers, les propriétaires d'animaux de compagnie, les vétérinaires, la filière, les experts industriels et de l'agro-alimentaire, pour pouvoir fournir une compréhension des tendances et opinions sur les sujets clés aux niveaux local, national et mondial.
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Chaque année, l'institut réalise des études de marché dans plus de 80 pays et effectue plus de 700 études sur mesure et 75 études récurrentes majeures.
Kynetec compte plus de 1 100 collaborateurs dans le monde. ■






